Petit tuto Lilypond 2

Bonjour à tous !

Vous avez aimé le petit tuto Lilypond 1 ? Eh bien c’est reparti pour un tour.

Petit récapitulatif

Passez ce paragraphe si vous connaisez mon précédent article par cœur, ou si vous avez déjà des bases de Lilypond. Il s’agit cependant d’un récapitulatif complet et simple. La dernière fois, je vous ai montré :

  • le mode absolu de représentation d’une note avec LiLypond (par défaut, pas recommandé) ;
  • le mode relatif (instruction \relative c') ;
  • comment do-ré-mi-fa-sol-la-si s’écrit c-d-e-f-g-a-b en Lilypond ;
  • comment augmenter la hauteur d’une note avec ' ;
  • comment abaisser la hauteur d’une note avec , ;
  • le dièse avec is, le double dièse avec isis ;
  • le bémol avec es, le double bémol avec eses ;
  • comment définir la longueur d’une note avec les puissances de 2 (1 : ronde, 2 blanche, 4 noire, 8 croche, 16 double croche…) ;
  • les accords à l’aide des brackets < et > ;
  • comment changer de rythme avec l’instruction \time 3/8 ;
  • comment changer de clef à l’armure avec l’instruction \clef (treble, bass…) ;
  • comment imposer une tonalité à l’aide de l’instruction "\key c \minor" ou "\key f \major" par exemple ;
  • comment faire des legati avec ( et ) ;
  • comment forcer la ligature des crochets de hampe de (simples-, doubles-…) croches à l’aide de [ et ] pour l’esthétique visuelle aussi bien que pour la facilité de lecture du chant ;
  • comment compiler à l’aide de la commande lilypond (on peut aussi utiliser l’IDE Frescobaldi) ;
  • comment faire en sorte que Lilypond nous ennuie pas avec la version de Lilypond utilisée avec le header \version "2.18.2" ;
  • comment marquer les mesures (facultatifs, mais un moyen de vérification utile) à l’aide de |.

Vous savez plein de choses ! Mais la musique est un art, et qui dit art dit beaucoup de travail et un peu de génie. Allons voir comment Lilypond vous permet de représenter le génie qui habite vos partitions préférées…

La suite…

Au programme :

  • écrire plusieurs portées, (jusqu’ici, on n’en a écrit qu’une seule, ce qui est un peu triste pour du piano…) ;
  • représenter plusieurs voix ;
  • écrire les ornements ;
  • faire disparaître les mesures ! magie ! ;
  • faire disparaître l’armure ! magie magie ! ;
  • un retour sur les rythmes avec les pointées ;
  • écrire des commentaires dans la partition.

On va s’y prendre de la même manière que la première fois, rien ne vaut un petit exemple simple pour comprendre.

Plusieurs portées

On pourrait essayer de faire ça pour obtenir deux portées :

Mais ici on ne dit pas à Lilypond comment il doit gérer les deux groupes de notequ’on a créé. La seule chose ici qu’on a fait, c’est dédoubler le premier groupe de musique et on leur a donné des noms. On a de plus pas généré de PDF ! C’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant. Il faut donc préciser dans un header — qu’on va placer à la fin, je suppose que ça en fait un footer — comment les ajouter. Voici le code, attention les yeux :

Voilà, c’est un peu moche, mais on ne touchera plus à ce footer dans cette deuxième partie de tutoriel. Il est cependant très utile, puisqu’il permet en théorie l’ajout de paroles et la création automatique du fichier midi de votre partition. Voici le résultat tand attendu :

2portees
Deux portées au piano. Le début de la gloire !

Bon maintenant tout ça donne un PDF un peu moche, alors rendons-le plus joli. Vous savez faire, il suffit de changer la clef à l’armure (je ne mets plus les headers ni les footers) :

qui donne :

2portees_2clefs
Partition à deux portées avec Lilypond
Commentaires

Pour insérer un commentaires en lilypond, il suffit d’utiliser le caractère %.

Tout ce qui suit le % est ignoré par le compilateur. Voilà. Simple et efficace.

Plusieurs Voix

On se représente les voix facilement lorsqu’il y a plusieurs instruments, donc sur plusieurs portées, mais une portée peut représenter plusieurs voix. Le code peut ressembler à ceci :

dont le rendu est :

1portee_2voix
Gérer deux voix sur une portée avec Lilypond

Pas très original, mais pratique pour faire apprécier l’idée : ici le chant en haut est constitué de do 4, et la basse de si 4 et 2.

J’ai encore un peu modifié le footer pour que les deux voix soient prises en compte.

Ornements

Vous connaissez ces jolies petites notes qui ne compte (souvent) pas dans le calcul de la longueur de la mesure ? Il y en a plein et nous allons les découvrir.

Il s’agit la de trois ornements que j’ai mis en parallèle pour que vous puissiez voir la différence facilement :

grace_notes
Ornements avec Lilypond

Les notes sont espacées exprès à l’aide de la commande \break. Ce n’est pas utile pour l’instant, il s’agit d’une commande avancée mais je l’ai utilisé pour que les notes soient très écartées, pour plus de lisibilité.

Trilles — mordants

On n’oublie surtout pas les mordants et autres trilles qui vont de pair avec les ornements :

dont le rendu est :

trilles
Trilles et mordants avec GNU Lilypond
Écriture du rythme

Si vous avez fait un peu de mathématiques ou d’informatique, vous savez qu’on peut représenter n’importe quel nombre à l’aide des puissances de 2. Les musiciens devaient savoir ça et permettent de rallonger les notes ainsi :

ce qui donne :

pointees
Notes pointées avec Lilypond

J’ai fait exprès ici de mettre les silences complémentaires pour terminer la mesure afin qu’on se rende compte de l’effet du . sur la note.

Accentuations

Voici comment expliquer la façon dont une note est jouée :

ce qui donne sans grande surprise :

accentuation
Notes accentuées avec Lilypond

Ici le ^ sert à introduire le signe qui sera utilisé sur la note.

Pour quelques sesterces de plus…

On en a fini (je crois) avec les principales règles de Lilypond. Bien sûr il y en a encore plein d’autre qui existent et elles sont plus ou moins importantes en fontcion des partitions que vous jouez. Alors pour finir, on va faire disparaître la mesure, et c’est là que vous vous rendrez compte que les commandes de Lilypond sont très puissantes.

donne

magie_rythme

J’ai donc utilisé un header supplémentaire, le header global, auquel j’ai donné une instruction : \cadenzaOn, et une commande \override Staff.TimeSignature.transparent = ##t.

Et après ?

On n’a pas fini. loin de là ! il reste à découvrir, entre autres :

  • comment générer le fichier midi associé à votre partition ;
  • comment gérer les barres de mesures de fin de partition ;
  • comment gérer les mesures partielles (je vous ai aidé, là, ça s’appelle une anacrouse) ;
  • la gestion des paroles
  • et probablement beaucoup d’autres choses !

mais pour cela il faudra revoir de plus près la structure logique du document texte .ly, et non pas seulement ce qu’il y a entre les accolades. Ce sera donc pour le petit tuto lilypond 3…

Merci d’avoir suivi ! À bientôt, et n’hésitez pas à commenter !

Motius

2 réflexions sur « Petit tuto Lilypond 2 »

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